C'est essentiel lorsqu'on sort des espèces habituelles et ubiquistes comme les Aeshna cyanea, Anax imperator ou Coenagrion puella.
Ici il devient essentiel de connaître l'éthologie, la phénologie (période d'apparition), l'habitat, les habitudes (sédentaire, migrateur ou erratique),...
Ainsi, le Brachytron du début de l'année fréquente les étangs d'une certaine importance avec une berge souvent plantée d'aulnes, mais avec des coins de soleil. Malgré des exigences assez basse il est assez rare, voire exceptionnel (chez nous) (je suis content car j'ai confirmé sa présence sur un nouveau site, avec reproduction!

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Le Coenagrion lunulatum, petit agrion vit uniquement dans les zones humides des bas marais.
Les Leucorrhinia caudalis, les mâles vivent sur les feuilles de nénuphars, potamots ou antre plantes flottantes d'ailleurs comme deux des trois espèces d'Erythromma.Ils surveillent leur zone d'influence à l'exclusion de tout autre odonate.
La Somatochlora flavomaculata vit elle dans des bas marais dont le niveau d'eau fluctue beaucoup, tout comme le Sympetrum flaveolum ou le fameux depressiusculum. Avoir des zones qui sont parfois complêtement exondées est pour ces espèces quelque chose d'essentiel! Donc des milieux de vie temporaires autrement dit. Celui-ci peut aussi se rencontrer dans les zones lentes des rivières de plaine tout comme Sympetrum pedemontanum.
Sur les rivières on trouve les Calopteryx et les Gomphes ainsi que mon espèce fétiche Oxygastra.
Les Epithèques vivent elles sur des plans d'eaux importants de 100 mètres à plusieurs hectares!
Quand aux magnifiques (ma plus grande fierté de cette année) Aeshna subarctica elisabethae, la "chaussette sale", elle se rencontre, sous nos latitudes du moins, en altitude (pas moins de 500 mètres de Belgique et bien plus en France dans les Vosges par exemple) Elle ne fréquente que les marais acides, colonisés par la sphaigne (la femelle ne pond que sur cette plante) et où l'acidité est attestée par la présence des drosera.
Ceci est bien entendu dramatiquement résumé, car les habitudes éthologiques, les habitats, la phénologie et les habitudes de chaque espèce réclamerait un livre a elles toutes seules.
On le voit, si on veut des raretés il est nécessaire de les connaître avant de penser équipement. Ce que vous ne voyez pas mes amis du forum, ce sont tous les rapports que j'envoie aux différentes institutions naturalistes du pays afin de compléter les données, travail essentiel indissociable du besoin d'engranger une solide photothèque comme témoin de ce travail, le tout couplé à des données de biogéographie (emploi massif des coordonnées MGRS) etc...
