Petits secrets de fleurs... [MAJ du 08 Septembre]

Démarré par Roland RIPOLL, 29 Juin 2022, 10:27:14

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0 Membres et 1 Invité sur ce sujet

Clic-Clac 51

Instructif et très agréable à regarder
Bravo Roland
Amicalement Denis :wink:

den7

Bonjour, décidément le monde des fleurs est très étonnant.

Belles illustrations.

Roland RIPOLL

Merci à vous de vous intéresser aux petits secrets des fleurs !

Les Epipactis: des fleurs enivrantes et stupéfiantes...

"L'épipactis pourpre" (Epipactis purpurata)



et "L'épipactis à larges feuilles" (Epipactis helleborine) sont des fleurs étonnantes.



En effet, elles attirent les guêpes grâce à leur nectar alcoolisé, qui provoque chez les insectes un état d'ébriété favorisant indirectement la pollinisation des fleurs.

Contrairement aux abeilles, les guêpes sont généralement considérés comme de "mauvais" pollinisateurs pour les plantes, car elles se nettoient fréquemment et de façon méticuleuse, retirant ainsi la plupart du pollen qui se dépose sur leur corps lorsqu'elles visitent les fleurs.

Pour être visitées par les insectes et être fécondées, les fleurs imitent l'odeur émise par une plante attaquée  comme par exemple les feuilles de choux dévorées par des chenilles de piéride. Cette odeur attire les guêpes sociales prédatrices qui s'en nourrissent.

Les guêpes se trouvent donc bernées puisqu'elles ne trouvent pas leurs proies. Mais, comme elles ont à disposition du nectar abondant et facile d'accès, elles ne repartent pas bredouilles pour autant...

Ce nectar - riche en éthanol (alcool) - rend les guêpes ivres, de sorte qu'elles "oublient" souvent de se nettoyer.



De manière étonnante, les guêpes participent en quelque sorte à leur propre état d'ébriété. Car ce sont elles en effet qui  apportent les micro-organismes - champignons et bactéries - qui vont former de l'éthanol à partir du sucre contenu dans le nectar.



Cette "ivresse" entraîne un relâchement dans le comportement de nettoyage habituel des guêpes, les empêchant de retirer tout le pollen de leur corps. De plus, intoxiquées par l'alcool, elles adoptent des mouvements erratiques, les poussant à visiter un plus grand nombre de fleurs...

"être simple pour être vrai"

Clic-Clac 51

Merci et bravo pour cette nouvelle MàJ
Amicalement Denis :wink:

gjacobs

Ah ben ça alors, encore un mécanisme incroyable et surprenant que tu nous apprends là!

Gauthier

Roland RIPOLL

Merci !

Quand les Silènes inventent le papier tue-mouches....

Le silène d'Italie (Silene italica) ou le bien nommé Silène visqueux (Silene viscosa)  possèdent des tiges velues qui deviennent un peu visqueuses et collantes dans leur partie supérieure. Cette viscosité est due à des poils glanduleux qui sécrètent une espèce de colle et qui sont situés près des fleurs.



Cette substance collante aide la plante à se protéger en empêchant certains petits insectes rampants de grimper le long de la tige pour atteindre les fleurs et le nectar. Les parasites sont si bien englués que les paysans du Midi autrefois utilisaient parait-il la plante comme attrape-mouches dans leur maison.



Seuls les insectes capables de voler ou adaptés peuvent approcher la fleur pour la polliniser sans se faire piéger.



Ces poils visqueux, appelés poils glanduleux, jouent plusieurs rôles essentiels pour la survie du végétal. Ils piègent ou repoussent les insectes phytophages et empêchent les insectes non-pollinisateurs, comme les fourmis, d'accéder au nectar, enfin ils réduisent la perte d'eau en créant une micro-atmosphère humide autour de la tige.




"être simple pour être vrai"

den7

Bonjour, passer sur ce fil est enrichissant et les photos sont bien belles.

gjacobs

Encore un truc incroyable que tu nous fais découvrir!

Gauthier

Roland RIPOLL

Merci !

Quand le coquelicot invente la salière...

On ne le savait peut être pas, mais le coquelicot sème ses graines par anémochorie (dispersion par le vent) comme le fait par exemple le pissenlit mais de façon très différente, en utilisant sa capsule comme une salière.



En effet, une  fois que les gros pétales rouges tombent et que la fleur est fécondée, le cœur de la fleur se transforme. Il sèche et durcit pour devenir une capsule rigide appelée "pyxide" en botanique. À l'intérieur, des milliers de graines minuscules et légères se développent.

En séchant, de petites ouvertures se forment au sommet de la capsule, juste en dessous de son "chapeau"  qu'on appelle le disque stigmatique. La capsule reste droite sur sa tige rigide, retenant les graines à l'intérieur tant que tout est calme.


 
Dès que le vent souffle ou qu'un animal frôle la tige, celle-ci oscille comme un ressort. Les mouvements brusques secouent la capsule, et les graines microscopiques sont éjectées par les pores du sommet. Comme les grains de sel avec une salière...



Grâce à leur légèreté, les graines peuvent être projetées à plusieurs mètres de la plante mère.




"être simple pour être vrai"

den7

Bonjour, j'aime beaucoup ces petits "personnages". Beaucoup de poésie dans ces images.

gjacobs

Encore une mise à jour bien instructive et joliment illustrée!

Gauthier

Roland RIPOLL

Merci !

Quand l'ortie invente la seringue....

Tout le monde, jeune ou moins jeune, a fait un jour la malheureuse expérience de se frotter à des orties. Nous avons tous  aussitôt ressenti une vive sensation de brûlure, de picotements, voire des irritations et des cloques. Pourquoi cette plante est-elle si douloureuse à toucher ? Quel "poison" secrète-elle pour provoquer ces brûlures et ces démangeaisons ?

On sait tous que les tiges et les feuilles sont recouvertes de poils. Mais si on s'approche, si on prend le temps de regarder de plus près, on peut voir que certains de ces poils ressemblent fortement à des ampoules de médicaments.

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A la base, on observe en effet un bulbe qui contient les substances urticantes. Ce bulbe est prolongé d'un tube creux avec, au sommet, une pointe en silice qui se brise au moindre contact et lui permet de pénétrer dans la peau et d'y injecter les substances irritantes comme une aiguille...

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Le poil agit donc comme une minuscule seringue: planté dans notre peau, sa pointe se casse comme du verre (silice oblige...) et libère à la fois:
-  de l'histamine (connue pour déclencher des réactions inflammatoires et allergiques).
- de l'acide formique (présent naturellement dans le venin des fourmis et des abeilles et provoquant des brûlures)
- de l'acétylcholine (agissant dans ce cas localement comme un neurotransmetteur  accentuant la sensation de brûlure et de piqûre immédiate).

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"être simple pour être vrai"

den7

C'est vraiment très intéressant et aussi un peu effrayant.

gjacobs

Ah, pour une fois, je connaissais cette histoire! Top, et bien illustré ; on est là dans des grossissements assez important de plus!

Gauthier

jojo59

Bonsoir Roland,

Toujours fascinant, tant par la lecture de tes textes, que par les PDV. Je reste scotché par les capacités du coquelicot à semer ses graines et l'ortie à nous injecter ce venin irritant ! Bravo et merci Roland !

José