Images - Ne postez qu'un fil par semaine et par galerie ! > Les oiseaux

L'ibis sacré: un oiseau très controversé...

(1/7) > >>

Roland RIPOLL:
Bonjour à tous,

les informations de nos jours sont toujours contradictoires. Dans le cas de l'ibis sacré, on entend tout et son contraire. J'ai voulu en savoir plus et confronter les deux thèses: celle d'un oiseau invasif, voire "nuisible" à éradiquer le plus vite possible, et celle d'un oiseau allochtone  qui, comme l'ont déjà fait l'aigrette garzette ou le héron gardeboeufs, échassiers coloniaux eux-aussi, s'installe chez nous, certes par l'action de l'homme, mais rien n'interdit de penser qu'il ne s'y serait pas installé naturellement...



La difficile gestion de l'ibis sacré africain introduit en France...
Vénéré et souvent momifié dans l’ancienne Égypte où il symbolisait le dieu Thot, l’ibis sacré
est connu d’un large public qui tend à trouver sympathique cet oiseau d’aspect original. L’ibis sacré est une espèce sociale, peu farouche, facile à élever et à faire se reproduire dans les parcs animaliers. Cela explique sa présence dans de nombreux zoos à travers le monde.
Le problème s'est posé lorsque des gestionnaires de zoos ont décidé de laisser leurs ibis libres de voler : pouvant sortir des limites de leurs enclos, ces oiseaux se sont parfois installés dans des espaces naturels voisins.



A l'origine, tout part donc d'un parc zoologique du Morbihan (Branféré) qui avait importé 20 ibis sacrés du Kenya entre 1975 et 1980. Ces oiseaux se sont multipliés au sein du parc, et leur colonie atteignait 150 couples en 1990. Laissés libre de voler, les jeunes nés dans cette colonie se sont mis à fréquenter les zones humides alentour, puis des localités plus lointaines, et dès la fin des années 1980 des oiseaux étaient signalés du Finistère à la Gironde.
Une première tentative de nidification en milieu naturel est constatée en 1991 au lac
de Grand-Lieu, Loire-Atlantique, où la première reproduction réussie est enregistrée en
1993. L’espèce s’installe alors en divers points de Loire-Atlantique et du Morbihan, et niche
certaines années jusqu’en Charente-Maritime et en Gironde. Trouvant facilement à
s’alimenter, y compris dans les décharges d’ordures, et ne connaissant pas de prédateur
important, les ibis sacrés introduits dans l’ouest de la France ont un succès de
reproduction supérieur à celui des populations naturelles d’Afrique. L’effectif s’accroît donc
rapidement : on comptait au moins 5000 oiseaux, dont 1700 couples reproducteurs, à la fin
de l’été 2006. Pour information, la France héberge la plus grande population introduite d’ibis sacrés au monde !



Par ailleurs, les mêmes causes produisant les mêmes effets, l’ibis sacré a été acclimaté en 1982 sur les bords de la Méditerranée, dans un parc animalier de l’Aude (Sigean). Suite au succès de la reproduction en captivité, la direction du parc, là aussi, laisse des oiseaux libres de voler à partir de 1989. Les observations en milieu naturel deviennent régulières au milieu des années 1990, particulièrement sur l’étang de Bages (Aude) où des ibis sacrés nichent pour la première fois en 2000. En 2005 il y a déjà plus de 100 couples sur cet étang, et l’espèce se disperse sur les zones humides du littoral jusqu’en Camargue, où quelques couples s’installent. La population d’ibis sacrés introduite dans le sud de la France compte actuellement plusieurs centaines d’oiseaux, et tout la destine à connaître une croissance aussi spectaculaire que celle observée sur le littoral atlantique…



ftdm:
Superbes photos, surtout la 2.
Le commentaire est très instructif, j'ignorais tout a fait l'étendue de son introduction spécialement en France.

Coup double : Superbes photos et commentaires claires et précis

Bravo et merci à toi

Baussant21:
Là aussi un oiseau fascinant. J' ai eu, pour la 1ère fois, l' occasion de le rencontrer en Andalousie. On ne reste pas insensible devant lui.
Tes images sont superbes et mettent bien en valeur l' ibis !  ))))

RATATOSK:
=/

Il serait juste  que les responsables de son introduction en France soient obligés d'allonger l'argent pour mener des études quant à son impact sur les autres espèces. Ces parcs nous blablatent avec le respect de l'environnement or, là, ils sont pris la main dans le sac à jouer les apprentis sorciers. Enfin, je ne sais pas vraiment si ils ont étudié leur opération mais, à mon avis, la motivation première était de se démarquer en apportant du nouveau-jamais-vu, donc motivation pognon.

A l'issue de ces études une décision de destruction, prélèvements ou laisser-vivre. Le but étant de conserver intact NOTRE milieu de vie.

En attendant, ces nouvelles espèces destructrices - ou pas -, créent de nouveaux débouchés pour les photographes. Faudrait pas non plus que nous nous fassions défenseurs d'espèces invasives... Je crois que, comme pour les photos de nids, il y a un volet éthique à étudier vis à vis de ces nouvelles espèces dont on ne sait pas trop si elles sont les bien-venues ou pas. Il ne faudrait pas que le public soit influencé positivement par de beaux clichés alors qu'un arrêté préfectoral de destruction permette aux chasseurs d'éliminer à juste titre une espèce nuisible.

La LPO mène t'elle une étude sur ces sujets ?

Enfin, SUPER PHOTOS !

gjacobs:
Superbes images. De quoi se nourrissent-ils? Parce qu'une telle quantité d'oiseaux, ca fait pas mal de dégâts si ils prélèvent leur nourriture au détriment d'espèces autochtones...

Gauthier

Navigation

[0] Index des messages

[#] Page suivante

Utiliser la version classique