Auteur Sujet: Rwanda, au pays des gorilles  (Lu 11642 fois)

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Re : Rwanda, au pays des gorilles
« Réponse #25 le: 23 Mai 2012, 07:22:07 »
Merci pour ces infos.

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Re : Rwanda, au pays des gorilles
« Réponse #26 le: 23 Mai 2012, 10:07:45 »
Pas très cool ces conditions pour monter. Ca ne m'irait pas non plus moi qui aime prendre le temps, malgré la récompense qui peut-être à la clé! Pour remonter quelque peu le moral, le caméléon est superbe!

Gauthier

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Re : Rwanda, au pays des gorilles
« Réponse #27 le: 23 Mai 2012, 10:51:14 »
Ne soit pas déçu pour le sommet. Comme tu l'as dit, il y a l’acclimatation à l’altitude qui joue beaucoup et par expérience, passer des heures à monter pour se retrouver en plein brouillard en haut, ça n'a rien de plaisant, sauf si tu recherchais l’exploit sportif mais je ne pense pas que c'était le cas...

En montagne, savoir renoncer c'est faire preuve de sagesse...

Aurélien

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Re : Rwanda, au pays des gorilles
« Réponse #28 le: 24 Mai 2012, 13:29:32 »
merci pour les soutiens, c'est vrai que faire demi-tour fait partie du jeux parfois ...

allez retour au gorilles

Jours 5 : les jours se suivent et ne se ressemblent pas …


53 :Carnet du jour :


54 : Le volcan Sabinyo, les batiments au pied abritent les militaires qui escortent les touristes tous les jours dans le parc.

55 : Vers Ruhengueri



Dans la voiture qui nous ramenait après la visite au groupe Hirwa nous avions calculé que Fidèle était monté environs 1700 fois aux gorilles. C’est sûr que nous sommes encore très loin de ce chiffre. La question « quel groupe vous voulez aujourd’hui ! » continue donc de résonner à nos oreilles comme un luxe absolu !
Pour aujourd’hui nous choisissons le Kwitonda. Raisonnablement éloigné histoire de récupérer un peu de la veille c’est  un groupe riche d’une bonne vingtaine d’individus avec au moins deux bébés de l’année. C’est un groupe particulier aussi dans le sens ou il est arrivé au Rwanda depuis la RDC voisine en 2004 et s’est installé là.

56 :  Le volcan Sabinyo depuis l’ORTPN


57 : Le moment d’acheter qq babioles. La petite statue à droite sert à matérialiser la distance de sécurité de 7m pour les touristes.


58 :  Gardes en réunion du matin


Pour aujourd’hui 4 américains et 2 allemands nous accompagnent. Immédiatement vu le gabarit disons « honorable » des allemands nous savons que cela va être difficile pour eux. Tous s’avèreront êtres des compagnons charmants avec une très bonne ambiance dans le groupe. Humainement cela restera d’ailleurs notre meilleur souvenir du séjour.
« Modifié: 24 Mai 2012, 13:35:11 par smeys »

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Re : Rwanda, au pays des gorilles
« Réponse #29 le: 24 Mai 2012, 13:29:49 »
Les gorilles auront un peu bougés après notre entrée dans le parc et il nous faudra environs 2 h de marche pour établir le contact à 2630m d’altitude, nos allemands donneront assez vite des signes de fatigue mais avoir occupé leur situation la veille rend incroyablement patient. A chaque fois nous prenons soins de les attendre et de les laisser récupérer tous en les encourageant.
Chance pour eux les guides doivent marquer de longues pauses en attendant que les pisteurs qui suivent les gorilles depuis le matin leur donnent des instructions de direction.
Même si la progression n’est pas toujours facile avec la végétation plutôt dense tous se passe bien et nous trouvons les gorilles justes au dessus de la zone de bambou vers les 2650 m.

59 : Ils sont littéralement étalés dans une petite clairière.


Kwitonda est couché et groomé de toute part par les femelles.

60 :


61 : grooming


Son premier lieutenant Kigoma se tient sur le dos a 3m de là mais à l’écart.

62 :


Tout deux portent des blessures légères révélant la tension qui règne entre eux en ce moment. Leur étonnante proximité compte tenu de cette situation peu s’expliquer par une volonté de réconciliation. Mais dans le groupe tout le monde fait bien savoir que l’autorité du chef n’est pas discuté en se collant à lui et en groomant à qui mieux mieux.

63 : blessures


Comme les gorilles sont immobiles les pisteurs nous entrainent dans un contournement pour changer de point de vue. Là entre le tas de gorille et nous se tient une femelle et son jeune. Le pisteur s’approche un peu vite et écope d’une vocalise d’intimidation. Mais ce qu’il y a de bien avec les gorilles c’est que l’humeur retombe aussi vite qu’elle a pû monter. 1 minutes plus tard elle s’allonge tranquillement dans la végétation tandis quelle laisse son jeune jouer et s’approcher un peu de nous.

64 :

« Modifié: 24 Mai 2012, 13:37:50 par smeys »

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Re : Rwanda, au pays des gorilles
« Réponse #30 le: 24 Mai 2012, 13:30:14 »
Souvent lors des visites nous nous retrouvons entassés à 8 sur 2m² sans vrai possibilité de bouger et avec les difficultés et gêne multiples que cela occasionne pour l’observation. Ici tous se passe comme dans un rêve nous avons juste l’espace nécessaire pour bouger un peu et naturellement un roulement se met en place entre nous. Une fois une scène observé et photographié nous nous retournons vers un moins bien placé pour lui taper sur l’épaule et céder notre place. Si une scène d’un intérêt particulier se produit chacun est mis au courant rapidement par les autres. Quelques jeunes tentent des approches mais les pisteurs veillent et les visiteurs que nous sommes réagissent parfaitement. Je ne sais pas si c’est la sérénité du groupe Kwitonda qui nous imprègne alors mais la demi heure qui suivra sera juste un rêve.

La végétation dense recèle toujours des surprises vous pensez avoir fait le tour d’un point de vue quand, à l’occasion d’un petit décalage vous tombez sur 3 ou 4 autres gorilles passés inaperçus. Ici nyiramurema et son jeune Ujoma. Pour eux deux la vie n’a pas été un long fleuve tranquille. Ujoma tout d’abord a été retrouvé un matin par les trackers avec 2 profondes blessures de canines dans l’abdomen, une partie des intestins sortis et la jambe droite cassée. Il doit sa vie à l’intervention remarquable des gorilla doctors.
Nyiramurema  a d’abord perdu un pied dans un collet puis plus récemment a perdu un œil. Quelques jours plus tard un guide nous expliquera dans quelles circonstances exactes. Il s’agissait d’un affrontement avec une autre femelle en 2007. Il y a aussi une hierarchie chez les femelles. L’ancienneté et dans une moindre mesure la filiation joue un rôle important. Nyiramurema  occupe le bas de l’échelle et lors d’une période d’oestrus elle s’était écarté du groupe pour solliciter un accouplement avec un dos argenté non mature : Akarevuro. Dans cette environnement aux hiérarchies très marquées le vivons heureux vivons caché est un peu une nécessité. Le groupe se disperse toujours un peu afin que chacun trouve par moment l’espace et la liberté dont il a besoin et accessoirement cela laisse des opportunités comme l’ont dis :o).
 Hélas une femelle de haut rang qui se trouvais aussi être la mère de ce dos argenté, Kibyeyi,  a compris la manœuvre et s’est immédiatement jeté sur elle quand elle est revenue. L’affrontement qui s’en suivit ne fut pas modéré par Kwitonda qui laissa faire. Dans la bagarre Nyiramurema perdis un œil. Il est assez rare que des accrochages entre femelles aillent aussi loin dans les blessures. Mais malgré tout le groupe s’est montré assez solidaire avec elle pour l’éducation de Ujoma qui a souvent été porté par d’autres éléments du groupe pendant les déplacements rendu difficile pour Nyiramurema  avec la perte de son pied.

65 :


66 :


Dans les arbres deux jeunes font le spectacle, ça pousse, ça tire, ça tape ils sont adorables.
L’heure arrivant à sa fin un pisteur décident de partir en éclaireur voir s’il peut nous ramener vers le tas de gorilles installé autours de Kwitonda. Il repousse gentiment les deux joueurs dans l’arbre et part à 15m de là. Jugeant la scène intéressante il fait signe à l’autre pisteur de nous faire venir. Comme les deux joyeux lurons ont repris leur place il doit lui aussi « forcer » le passage qui s’ouvre et se ferme aux hasards des actions des deux jeunes très concentrés sur leurs jeux pour tout dire.
Nous somme en dernier avec deux américains quand nos deux galopins « referment » le passage et font mine de s’approcher de nous. Instinctivement nous reculons mais en me retournant je tombe sur un autre gorille, un adolescent qui lui vient vers nous.
Nous somme entourés de toutes parts, mon reflex immédiat est de chercher un pisteur des yeux pour l’avertir de la situation, seulement voila, ils sont tous les deux à 15 ou 20m hors de vue  et à l’évidence leur attention est absorbé par autres choses car ils n’ont pas vu que nous n’avions pas pu suivre.
Crier n’est pas vraiment une option au milieu d’un groupe de gorille aussi il y a un moment de flottement et nos amis américains commencent à s’inquiéter un brin.  Florence les prend en mains pour les tranquilliser pendant que j’observe l’adolescent  en faisant  quelques vocalises et en cherchant à comprendre ses intentions. Leurs attitudes quand nous gênons leurs progressions est caractéristique et je comprends assez vite ou il veut aller. Comme il y a des gorilles partout il nous est difficile de lui libérer la place, mais je me décide à faire reculer en direction d’un dos noir apparemment tranquille  bien qu’un peu surpris de nous voir ainsi approcher.  Je revocalise plusieurs fois a son intention  et le mètre cinquante gagné dans sa direction suffira pour que l’adolescent reprenne son chemin en nous passant presque sur les pieds au petit trôt. Dans l’intervalle nos deux plaisantins s’étant aussi décalés la porte de sortie est ré-ouverte et nous filons rejoindre le groupe.  Ouf ! C’est bon je dois pouvoir faire apprentis pisteur :)
Cela dis les animaux étaient cool, il n’y avait pas de pression vis-à-vis de nous et nous sommes restés calmes et disciplinés, pas de vrai problème donc mais je comprend aussi un peu mieux la difficulté de l’exercice pour les pisteurs  après cette petite expérience.
Nous voila donc revenus à coté du groupe principal, rien n’a bougé, c’est toujours un tas de gorille dont dépasse bras et jambes et dont s’échappe de temps à autres quelques soupirs, vocalises ou pets bien sonores (que voulez vous les fibres ça donne des gaz).
C’est devant ce spectacle que l’heure s’achève,  nous laissons donc Kwitonda et les siens.

67 :


68 : le dos noir


69 :


70 :


71 :


72 :


73 : En redescendant, le Sabinyo dans les brumes.


Pour l’après midi nous allons a Ruhengueri, nous refaisons un tour au marché acheter quelques tissus et Félix nous trouve un coin sympa avec un beau point de vue sur les volcans ornées de nuages.
Sur le chemin du retour à l’occasion d’un arrêt photo nous discutons avec des enfants et c’est l’occasion de distribuer quelques bonbons que nous avons en stock car ils sont peu nombreux et nous pouvons ouvrir un petit paquet de haribo et leur donner individuellement.
En effet au chapitre de la découverte de la vie par les occidentaux naïfs que nous sommes, cette fois ci nous avons emmené dans nos bagages des bonbons pour les enfants sauf que nous avions juste oublié le problème posé par les emballages plastiques qui finiront immanquablement dans la nature. Nous nous maudissons de notre manque de logique jusqu'à ce que je demande à félix de s’arrêter pour acheter au bord de la route de la canne à sucre afin de gouter. Comme le test est un succès je débite mon mètre cinquante de canne en petit morceaux et en met dans mon gilet à coté de la barre de céréales d’urgence. Du coup au treck suivant quand les enfants arrivent je repense à la canne, leur donne et ils sont au moins aussi contents qu’avec nos haribo. La solution était si simple acheter de la canne à un rwandais pour la redistribuer a des enfants rwandais. Je me giflerais de ne pas avoir pensé a un truc aussi simple tient ! Note pour plus tard le problème des bonbons est réglés ça fera ça de moins dans les bagages :)

74 : La sabinyo sous les étoiles

« Modifié: 24 Mai 2012, 13:41:22 par smeys »

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Re : Re : Rwanda, au pays des gorilles
« Réponse #31 le: 24 Mai 2012, 14:07:56 »
En effet au chapitre de la découverte de la vie par les occidentaux naïfs que nous sommes, cette fois ci nous avons emmené dans nos bagages des bonbons pour les enfants sauf que nous avions juste oublié le problème posé par les emballages plastiques qui finiront immanquablement dans la nature. Nous nous maudissons de notre manque de logique jusqu'à ce que je demande à félix de s’arrêter pour acheter au bord de la route de la canne à sucre afin de gouter. Comme le test est un succès je débite mon mètre cinquante de canne en petit morceaux et en met dans mon gilet à coté de la barre de céréales d’urgence.
C'est vrai que cette règle qui interdit les sacs plastiques au Rwanda est assez efficaces (quand on connait les autres pays d'Afrique où c'est une catastrophe).
Par contre contrairement à toi j'oublie toujours les bonbons donc parfois ce sont des bananes ou autre chose.

En forêt équatoriale tu as une expérience intéressante à faire (je l'ai faite en Guinée équato) que tu as peut être déjà tenté c'est boire l'eau présente dans certaines lianes :
les coupeurs / ou pisteurs coupent une extrémité d'une liane puis l'autre alors s'écoule en quantité importante de l'eau, je ne sais pas si on peut dire minérale, mais au moins potable.

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Re : Rwanda, au pays des gorilles
« Réponse #32 le: 25 Mai 2012, 10:04:09 »
Vraiment superbe cette mise à jour! Magnifique proximité, et des superbes cadrages! Un régal!

Gauthier

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Re : Rwanda, au pays des gorilles
« Réponse #33 le: 25 Mai 2012, 10:28:29 »
Décidément j'ai bien fait de m'abonner, c'est vraiment le genre de carnet de voyage qui donne envie de revenir tous les jours pour savoir ce qui c'est (et ce qui va se) passer !

Alors bravo & vivement la suite

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Re : Rwanda, au pays des gorilles
« Réponse #34 le: 25 Mai 2012, 14:04:35 »
Magnifique reportage. Un vrai plaisir que de vous lire. Merci beaucoup !

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Re : Rwanda, au pays des gorilles
« Réponse #35 le: 29 Mai 2012, 12:57:56 »
canonbeber> En forêt équatoriale tu as une expérience intéressante à faire (je l'ai faite en Guinée équato) que tu as peut être déjà tenté c'est boire l'eau présente dans certaines lianes

Je connais (par la TV) mais jamais eu l'occasion d'essayer :)

Allez nouvelle maj, mais presque pas de gorille au programme :)

Jour 6 : pèlerinage

75 : Lever du jour sur le Gaïnga et le Muhavura


76 :

Pas de gorille au programme aujourd’hui mais une visite à Karisoke et c’est aussi le jour ou nous avons rendez vous avec du personnel du Mountain Gorilla Veterinary Project  pour re tenter une séance photo. Karisoke est l’endroit ou Diane Fossey avait installé son centre d’étude dans les années 70. La guerre de 1994 est passé depuis et rien ne subsiste hormis une ruine, quelques fondations et le cimetière des gorilles. Le site n’est pas une découverte car nous y sommes allé il y a deux ans mais à un rythme infernal car nous avions l’avion le soir même et sous la pluie en bonne partie.
Mais certains lieux sont magnétiques et pour nous l’histoire attaché à ce site est forte et la forêt magnifique. C’est exactement celle dont ont a rêvé à la lecture du livre de Diane donc nous voulons y retourner.

77 : Avant le parc


78 : Une portion « pratiquable »


79 : La présences des buffles nécessite une escorte systématique


80 : Carrefour Bisoke/Karisoke


81 : Ici c’est de la routine



Coup de chance nous somme seuls à y monter ce jours là pas de rythme à suivre sinon le notre et celui des pisteurs. Le terrain est connu c’est le même chemin de torture que pour le Bisoke sur la première moitié. Sur la seconde au dénivelé moins marqué on découvre des zones littéralement marécageuses ou progresser en chaussure relève de la roulette russe. Chaque pas est une surprise et à la longue une épreuve car il faut arracher son pied à la boue.  Je suis exténué une nouvelle fois, la montée est une réelle épreuve. Comme le chemin est difficile, très glissant et pentu les efforts y sont très irréguliers et violents. Assez vite je perds mon souffle et la galère commence. J’ai pourtant appris de la dernière fois, pas de pitié pour les chaussures je marche dans l’eau dés que possible et j’évite de cramer une énergie considérable à sauter et glisser de part et d’autre. Après tout j’ai investis dans de bonne chaussure en cuir et je dois reconnaitre qu’elles tiendront fidèlement le choc tout en se révélant de vrais chaussons.

82 :


83 :


On s’habitue aussi aux orties, ils piquent beaucoup plus violement que les nôtres mais ça passe assez vite donc finalement là aussi je simplifie et ne cherche plus spécialement à les éviter. J’ai les gants mais ça tient chaud et je vis finalement bien sans.

84 : une clairière trompeuse, le sol est totalement marécageux en fait.


85 : Ortie géante


86 : Céleri sauvage, les gorilles en rafole


Malgré tout la portion marécageuse ou il faut extirper ses pieds à chaque pas termine le travail de sape et c’est exténué que j’arrive sur le site de Karisoke.

87 :


88 : Reste de marche pour entrer dans une cabane.


88 : Un des logements de Dian Fossey


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Re : Rwanda, au pays des gorilles
« Réponse #36 le: 29 Mai 2012, 12:58:26 »
En récompense nous trouvons une forêt toujours aussi magique et si je retrouve la même émotion qu’a notre première visite je la vis beaucoup plus sereinement. Enfin … jusqu’au  cimetière des gorilles ou une nouvelle fois et sans préavis, la vue des premières croix me submerge. La gorge serré je redécouvre ces noms avec un changement de taille. Au milieu s’est ajoutée la tombe de Titus. Dos argenté célèbre, à l’histoire peu commune et que le temps a finis par emporter une nuit de l’année 2009. Je me concentre sur les prises de vues pour ne pas trop réfléchir tandis qu’au loin le tonnerre gronde.

89 :


90 :


Compte tenu de la proximité des croix nous doutons un peu que toute les dépouilles  soit effectivement ici, y compris celle de Diane Fossey d’ailleurs. Mais à vrai dire c’est presque secondaire. Seuls les gorilles qui ont une histoire particulière sont en principe mis en terre ici et c’est finalement surtout un lieu de mémoire. Le symbole d’une partie de l’histoire des gorilles de montagne dont les derniers représentants d’alors s’éteignent doucement. La vie est ailleurs désormais, le travail continue mais Karisoke restera dans nos cœurs un lieu historique. 

Je suis devant la tombe de Diane Fossey à contempler la forêt en arrière plan quand le soleil perce les nuages. Comme un cadeau tombé du ciel la lumière réchauffe l’atmosphère. 

91 :


Le bruit du tonnerre s’est rapproché, nous savons nos instant ici comptés mais ce moment presque hors du temps restera longtemps dans nos mémoires.

92 :


93 :


Alors que nous quittons le cimetière je ne peux m’empêcher de me retourner pour un dernier coup d’œil et les émotions refoulées jusqu’ici me submergent finalement.  La pluie qui fait son apparition nous oblige à rapidement nous réfugier sous l’abri qui a été reconstruis. Bientôt c’est le déluge nous avons bien du mal à convaincre certains pisteurs et militaires à venir s’abriter et de partager avec nous nos, beaucoup trop copieuse, lunch-box fournis par l’hôtel ce matin.

94 :


95 :


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Re : Rwanda, au pays des gorilles
« Réponse #37 le: 29 Mai 2012, 12:58:53 »
Au bout de 45 minutes le ciel se calme enfin nous reprenons le chemin sous une pluie fine qui s’arrêtera assez vite. Forcément le chemin est encore moins praticable qu’a l’aller mais ça se passe plutôt bien et en bas je constate avec joie que une fois encore le GPS de mon téléphone à été fidèle au poste. J’ai enfin la trace complète ainsi que la position de Karisoke et je constate que le site était bien plus loin entre les volcans Bisoké et Karisimbi que je ne le pensais.

Depuis notre arrivé nous commençons à saisir un peu mieux la météorologie locale et le sens de  circulation des nuages sur le massif. Il  est majoritairement d’est en ouest et le ciel à l’est est radieux nous appelons donc le Dr Jan du Mountain Gorilla Veterinary Project  pour confirmer notre rendez vous de l’après midi. C’est plein d’espoir donc que nous rentrons à l’hôtel ou est fixé notre point de rencontre.

Bien trop souvent des bébés gorilles sont trouvés par les autorités aux mains de trafiquants divers et une petite femelle prénommée « Hirwe » a été saisie il y a à peine 2 mois. Le centre ou elle se trouve en attendant sont transfert prochain vers la RDC est juste en face de l’hôtel et comme je souhaitais avoir de la matière pour mettre en avant le travail des gorilla doctors c’est l’occasion idéale. Mais la quarantaine est très stricte et il est hors de question d’entrer dans le centre, il s’agit seulement de faire quelques image de la petites depuis l’extérieur du centre perché sur le toit d’un véhicule pendant une visite de routine d’un des vétérinaires. Notre humeur s’assombris à mesure que le temps passe et que l’horizon s’obscurcit. A l’heure dite nous retrouvons finalement le Dr Jean Felix et nous filons garer un véhicule sous les hauts murs d’enceinte. Nous n’auront que 3 ou 4 minutes avant la pluie avec une lumière calamiteuse mais il faudra faire avec.

96 :


La discussion qui suivra avec Jean-Félix  et une stagiaire vétérinaire qui l’accompagne, sera extrêmement intéressante et intimidante en ce qui me concerne.  Interventions sur le terrain, méthode des recensements, problématique sanitaire, croissance de la population, Hirwe et son histoire, Jean Félix sera intarissable.

Les réintroductions de gorilles de montagne orphelins n’ont dans l’ensemble pas été couronnées de succès aussi la méthode a évoluée et deux centres dédiés ont été créés en RDC. Chaque centre est dédié à une sous espèce et implanté dans un environnement qui correspond à leur environnement naturel et permet d’élever les orphelins ensembles. En captivités ont a compris il y a des années que pour espérer réintroduire des individus, les liens avec l’espèce ne devait pas être coupés. Pour des individus sauvages le problème est plus complexe encore puisqu’ils doivent apprendre à vivre dans une environnement complexe.
En Avril dernier les analyse génétiques ont finalement rendues leurs verdict, Hirwe est finalement une femelle gorille des plaines de l’est (Gorilla beringei graueri) elle devrait donc être finalement transféré au centre de G.R.A.C.E, mais la situation actuelle en RDC bloque tout transfert pour le moment.
 J’espère que l’avenir de cette attendrissante boule de poil sera plus heureux mais la route sera longue.

En fin de journée nous retrouvons prés du feu au foyer un très gentil couple de hollandais qui nous raconte une visite gorille agitée avec une belle interaction entre deux groupes. Mais pourquoi diable avec nous ils ne font que dormir et manger ? :)

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Re : Rwanda, au pays des gorilles
« Réponse #38 le: 29 Mai 2012, 20:52:04 »
Cette forêt est effectivement magnifique, et le site appelle le recueil.

Gauthier

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Re : Rwanda, au pays des gorilles
« Réponse #39 le: 30 Mai 2012, 14:08:39 »
Toujours aussi bien raconté !
Encore merci pour le partage !

Aurélien

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Re : Rwanda, au pays des gorilles
« Réponse #40 le: 05 Juin 2012, 12:47:46 »
Froggy et gjacobs merci pour vos passes  :)

allez avant dernier épisode, retour aux gorilles


Jour 7 : Agashya

Plus que deux cartouche dans le chargeur, la fin approche et notre groupe du jour sera le Agashya. Initialement il ne faisait pas partie de notre sélection mais il est devenu le plus demandé du massif et Félix semblait mettre un point d’honneur à nous l’obtenir.
97 :


98 :


Le Agashya donc est le second groupe visitable en individu après le Susa. Il y a eu beaucoup de naissances récentes et il est très accessible en général. Effectivement nous couvrirons que 2 petits kilomètres pour 90m de dénivelé pour les trouver le tout à la fin d’une route carrossable jusqu’au bout. Ce n’est donc pas les 50 petites minutes de marche du jour qui vont nous épuiser. Par ailleurs il se situe entre les volcans Sabinyo et Bisoke, le relief est bas et il n’y a pas plus de 1000m entre la limite du parc et la crête qui marque la frontière avec la RDC.

Le soleil franc me met un peu d’humeur bougon ce matin, en effet pluie battante ou plein soleil sont les pires conditions photo pour les gorilles. Entre la végétation et les poils sombres des gorilles on a une dynamique de facilement 15Il rendant impossible des images correctes et ne je parle même pas de capter les regards.
 
Quand nous arrivons au groupe nous les trouvons encore assoupis dans les nids de nuits dans une zone assez ouverte donc sous une lumière très dure et tant qu’a faire en partie à contre jour.  Agashya, le dos argenté est  le seul vraiment visible pour le moment et il flémarde dans son nid en nous jetant quelques coups d’œil tandis que derrière, nous devinons une partie du groupe.

99 :


100 :


101 :


Comme les options photos sont limitées  je laisse nos compagnons cramer de la carte mémoire et profite juste  de la scène. Assez rapidement les pisteurs nous entrainent pour contourner le dos argenté et nous faire rentrer au forceps dans deux mètre carrés en pleins milieu du groupe. En chemin l’un deux démontera littéralement le nid d’une femelle qui finira par céder le terrain pour se poser 3 m plus loin pas spécialement traumatisé mais après avoir clairement indiqué son mécontentement par des vocalises.
La scène me laisse un goût amer et quand les pisteurs ont décidé un truc, impossible de les en dissuader. La course a la satisfaction des touristes (par fierté pour partie, et pour les pouboires éventuels pour le reste) a des effets parfois pervers. Bref nous voila entassé avec des gorilles partout autours dont la majorité entre deux et trois mètres.
Alors c’est sûr les gens sont ravis, moi qui étais un peu ronchon là c’est le ponpon j’ai une seule idée en tête « on à rien à foutre ici ! ».
Fort logiquement les jeunes viennent voir seulement la proximité est tels, que  les pisteurs sont contraint d’être assez vigoureux dans leurs gestes et vocalises pour les repousser. 
Enfin nous sommes 10 sur 2m carré, tous le monde se marche sur les pieds et impossible de reculer pour ma part j’ai une femelle dans le dos à moins d’un mètre cinquante. Pour la photo nous sommes toujours à contre jours et c’est carrément grand soleil donc là encore je me place en retrait autant que l’endroit le permet juste pour observer et guetter des opportunités.

102 :

103 :


104 :


105 :


Mais je reste mal à l’aise ici  et les images s’en ressentiront d’ailleurs avec des cadrages franchement approximatifs et des choix de focales douteux. Dans le fond j’attends une seule chose, que l’on change d’endroit.

106 :


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109 :


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Re : Rwanda, au pays des gorilles
« Réponse #41 le: 05 Juin 2012, 12:48:11 »
Le soleil finis par se voiler et enfin nous finissons par bouger pour revenir vers notre premier point de vue.  Ce n’est pas l’extase mais au moins tous le monde (humain et primate) respire.
Florence et moi qui nous étions mis en retrait somme les premiers derrière le pisteur pour repartir et notre groupe est encore dispersé quand Agashya décide finalement  de sortir de son nid.
Mouvement que le groupe impatient interprète immédiatement comme signal de départ si bien que  des gorilles surgissent rapidement de toutes parts. Pris par surprise nous sommes encore éparpillés et pour certains sur la route que comptait prendre Agashya. Ce dernier reste donc immobile et c’est l’embouteillage derrière. Ca grogne, ça vocalise et je perçois rapidement une certaine tension chez le dos argenté. Acculé a de la végétation dense dans laquelle nous reculons cm par cm nous mettons du temps à dégager le passage. Le silverback s’impatiente et s’avance  jusqu'à un des deux pisteurs. Florence juste à coté me racontera que Agashya est venu se coller au pisteur, l’a saisi par la manche pour le faire asseoir, puis celui-ci s’exécutant il reprendra son chemin. Difficile de faire plus clair !

Dans la foulée suivra une horde de boules de poils excitées à l’idée du petit déjeuner qui se profilait.

110 :


111 :


112 :



Notez que le garde manger étant à moins de 15m le trajet vers les bambous sera rapide. Certains restant assis devant nous tandis que d’autres commencerons méthodiquement leur repas juste à coté. Agashya lui s’était assis un peu plus loin et faisait moisson de pousse de bambou.
Avec des animaux actifs et moins groupés la visite changeait aussi de rythme.
 Les scènes se multiplient, nous évoluons plus aisément dans le sous bois, et surtout nous pouvons mieux gérer la distance de sécurité. Coté photo cela ne s’arrange guère car il n’y a que peu de lumière sous ces sous bois denses. Après un contournement d’Agashya le pisteur nous place une nouvelle fois au milieu des animaux avec une bonne vue sur le dos argenté. Je le mitraille à genoux quand deux boules de poils de 3 ou 4 ans commencent à faire des allez retours rapide avec des postures d’intimidations qui, n’intimident encore personnes vu leur taille, et des appuis si fort qu’ils font résonner le sol. Message compris je me relève vite fait et recule. Un touriste américain saisis l’opportunité pour occuper la place que je viens de libérer mais est rapidement rappelé à l’ordre par un pisteur et tandis qu’il revient un des deux fanfarons se lance et lui décoche un bon coup dans les chevilles en passant.
Rien de méchant mais ces deux là ne sont clairement plus gérable il est temps de décrocher. Le plus dingue c’est que cela se passe à 5m sous les yeux du dos argenté qui ne bronche pas. Encore une fois le degré d’acceptation de ces animaux me sidère.
Devant notre repli les deux lurons se trouvent un autre défouloir et lassé de ces jeux Agashya repartira vers son nid les bras, mains et pieds chargé de pousse de bambou. Il ne faut pas rigoler avec le repas !

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« Modifié: 05 Juin 2012, 12:49:48 par smeys »

Hors ligne smeys

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Re : Rwanda, au pays des gorilles
« Réponse #42 le: 05 Juin 2012, 12:48:36 »
Retour à notre position de départ pour nous et nous observons le silverback méthodiquement éplucher ses bambous. Fin gourmet il mélange même des feuilles, qu’il arrache d’un arbre au dessus de lui. A certaines époques les pousses de bambous sont assez riches en sucres et fermentent plus rapidement une fois ingérées. Avec les quantités assimilées par nos doux géants il se forme des quantités d’éthanol significatives dans leur organisme et les animaux peuvent être littéralement saouls. Le pisteur explique rapidement que les animaux apprécient voir recherche cet état et que les feuilles que Agashya est en train d’ajouter à ses bambous sont connues pour faciliter cette fermentation. Nos grands végétariens sont donc aussi de fin botaniste et un brin dépravé :)
La fin de la visite arrive marqué par le décompte précis toute les dix secondes par un des pisteurs qui, joueurs, nous octrois une minute de plus finalement.

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Le retour se fera aussi tranquillement que l’aller. C’est assez tôt que nous revenons à l’hôtel et pour une fois pas recouvert de boue.

L’après midi félix nous emmène visiter un petit coin de rêve : le Virunga Lodge. C’est exactement le lodge de luxe que l’on peu s’imaginer dans un tel endroit. Placé sur une hauteur il domine deux lacs d’un coté et offre un panorama sur toute la chaine des volcans de l’autre. C’est juste une tuerie et encore le ciel est couvert.  

120 :



121 :


Seulement il y deux inconvénients à ce lodge,  placé fort loin du parc il y a de la route pour rejoindre les bureaux de l’ORTPN ou se tiennent les briefings  gorilles si bien que le départ doit se faire très très tôt le matin pour y être pour 6h30. Le second gros inconvénient comme vous vous en doutez c’est le prix. 500 à 600$ la nuit par personne nous dis t’on. C’est simple c’est tellement beau et propre que j’ose à peine marcher avec mes grosses chaussures.
Enfin le lodge se revendique comme « eco lodge » mais l’intégralité du personnel, fourniture et alimentation viennent d’Ouganda donc de ce coté là rien de très convaincant …  Mais il faut de tout pour faire un monde et finalement c’est sans regret que nous repartons vers notre petit guest house. Les murs y sont peu être moisis, l’eau chaude en panne la moitié du temps mais on aime bien l’endroit, les gens, et nous au moins le matin on est à 5 minutes de l’ORTPN :) On se console comme on peu quoi :)

Une tâche très concrète nous rappel la fin proche du séjour : les valises. C’est notre derniers soir puisque le lendemain nous filerons directement au lac Kivu après les gorilles. Tous les rêves ont une fin et elle devient maintenant très perceptible.
« Modifié: 05 Juin 2012, 12:50:11 par smeys »

Hors ligne canonbeber

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Re : Rwanda, au pays des gorilles
« Réponse #43 le: 05 Juin 2012, 16:30:08 »
Encore de belles images malgré des conditions loin d'être idéales.
As tu prévu une expo bientôt ?
Merci pour les récits qui accompagnent ces images.

Hors ligne Julie P.

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Re : Rwanda, au pays des gorilles
« Réponse #44 le: 05 Juin 2012, 17:37:37 »
Merci.
Un très grand merci pour ce reportage à couper le souffle, tant par les clichés que par les textes que tu as pris le temps de nous mettre ici ... le temps de quelques photos, le temps d'une lecture, on s'évade et on atterrit au milieu de ces incroyables mastodontes. Comme toujours, c'est par leurs regard que je suis réellement fasciné ... mais je retiens aussi de ton reportage ce texte poignant concernant le cimetière où repose Diane, les larmes me sont monté aux yeux en te lisant.

Que dire ... superbe ? Magnifique ? bref ... :mrgreen:

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Re : Rwanda, au pays des gorilles
« Réponse #45 le: 06 Juin 2012, 08:43:23 »
>canonbeber  non pas d'expo prévu pour le moment, difficile de représenter un dossier à Montier sur le même thème :)

julie> si j'ai pû ramener ici un petit bout des Virunga tant mieux :)

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Re : Rwanda, au pays des gorilles
« Réponse #46 le: 06 Juin 2012, 13:53:12 »
Dommage que leur bien être n'a pas été totalement respecté lors de cette dernière session, néanmoins les images sont excellentes, avec de superbes portraits! Incroyables sur des sujets totalement sauvages et libres.

Gauthier

Hors ligne froggy

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Re : Rwanda, au pays des gorilles
« Réponse #47 le: 11 Juin 2012, 10:23:50 »
Le comportement des pisteurs dans le récit de cette journée m'a aussi un peu surpris. J'étais resté dans l'idée du respect des animaux que tu expliquais en début de ton séjour.
J'aime les photos de groupes comme sur la 110 et 111. Ca permet de comprendre le contexte des portraits.

Aurélien

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Re : Rwanda, au pays des gorilles
« Réponse #48 le: 13 Juin 2012, 13:52:07 »
Merci pour vos passages :)

Allez dernier épisode :

Jour 8 : De vieux amis …

122 :


Inutile de préciser que nous sommes très tristes le matin d’abandonner notre nid et l’idée des gorilles suffit juste à nous remonter le moral. En 2009 nous avions eu une expérience exceptionnelle avec le groupe Susa, avec à la clé pour moi une bonne baffe de la part d’un des deux jumeaux âgé à l’époque de 4 ans.  Il nous était donc impossible de ne pas retourner voir nos petits amis. Hélas nous ne rêverons pas tous le monde, il y a un an environs le groupe a fissionné et Nyagakangaga le second dos argenté,  a entrainé une petite vingtaine d’individu très loin à l’ouest sur le Karisimbi. Tellement loin que ce groupe n’est qu’exceptionnellement visitable et sur deux jours.

Humainement parlant si le groupe Kwitonda avait été notre meilleure expérience humaine le Susa sera la pire. Peu d’échanges, aucune discipline ou écoute vis-à-vis des pisteurs, bref de ce coté là la journée ne sera pas inoubliable. Nous comprendrons aussi plus tard que ce sont tous des trekkeurs moralités c’est au pas de charge que s’effectuera encore la marche.  Monter et redescendre comme un bourrin dans un cadre pareil ça me gonfle d’une force …

Les rares photos se feront à l’arrache comme jamais et pourtant pour une dernière j’aimerais bien profiter un brin mais impossible. D’autant que si il y a deux ans le Susa avait été cool aujourd’hui il sera dans la « norme » CAD 10km A/R pas loin de 600m de dénivelé cumulé et surtout une forêt aussi dense qu’un jeu de mikado et des pentes tellement raide sur un sol tellement glissant qu’on progresse par moment plus avec les bras que les jambes.  A cela s’ajoute l’altitude et ses effets, par rapport au début je tiens un peu mieux mais passé les 2800m je me met encore très vite en hyperventilation et le Susa aujourd’hui à posé ses fesses vers les 3100m. Pour compléter le tableau le groupe a bougé après notre entrée dans le parc. Il nous faut donc assez vite quitter les semblants de sentiers usités par les pisteurs pour tailler transversalement à travers la végétation dense et les ravines.  Pour la dernière elle est donc soignée cette ascension :)

123 :


124 : Mikado géant


Enfin nous y sommes et comme le reste la préparation du matériel se fait au pas de charge. Le prochain qui me dit qu’en Afrique on prend le temps pour tout je le frappe :)

D’ordinaire le regroupement et l’abandon des sacs se fait à l’écart, cette fois ci nous faisons quoi 10m avant de tomber sur Iguisha second  dos argenté du groupe un peu à l’écart et  en train d’examiner avec soin les poils de son avant bras. En pleine activité un juvénile vient le perturber timidement ce qui lasse assez rapidement notre mâle qui  lui fera comprendre son manque d’intérêt en lui tournant le dos et à nous aussi par la même occasion. Un rien dépité le jeune s’allongera à proximité. Un pisteur m’indique que c’est un des jumeaux mais par contre je n’aurais pas de réponse précise sur lequel, un coup c’est le mâle, la fois d’après la femelle.  Mais il y a donc une chance sur deux que ce soit celui qui m’a mis une baffe deux ans plus tôt puisque j’avais identifié alors que c’était l’un des « twins » :)

125 :


Comme Iguisha boude les pisteurs nous entrainent vers le reste du groupe qui se tient dans une petite clairière. En chemin nous sommes fraichement accueillis par deux femelles et leurs bibous. Enfin les jeunes sont à fond comme d’habitude mais les mères  se montrent assez suspicieuses à notre égard (le comportement de nos compagnons du jour n’y est pas étranger).

126 :


127 :


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Re : Rwanda, au pays des gorilles
« Réponse #49 le: 13 Juin 2012, 13:54:11 »
Le Susa n’étant décidément pas un groupe comme les autres il renferme, cette fois encore,  une pépite que tous le monde veut voir. En effet des 6 ou 7 naissances gémélaires observées dans les groupes seules 3 fois les jumeaux ont survécu. La première à eu lieux en 2006 dans le Susa (mais la mère est partis depuis), la seconde dans le Hirwa en début d’année (nous l’avons vu quelques jours plus tôt) et la troisième de nouveau dans le Susa en juin dernier.
Forcément donc nous espérons donc tous voir les deux bibous d’a peine plus de trois mois. Le pisteur entraine donc  vite nos amis à leur recherche. Chaque chose en son temps je préfère rester en arrière avec le second pisteur histoire d’avoir un peu d’air et  de guetter tranquillement des opportunités sur nos deux bibous qui ont repris leurs jeux.

128 :


129


La luminosité du ciel se faisant menaçante je décide finalement d’avancer un peu et après m’être attardé sur quelques individus isolés j’arrive sur le principal regroupement en bordure d’un petit bois de bambous. Les gorilles sont assis les un contre les autres autours de Kurira le premier dos argenté.
Alentours des jeunes et adolescent sont dispersés mais calme dans l’ensemble et la petite bruine qui commence à tomber n’est stimulante pour personne.

130 :


131 :


132 : Ce qu’on se fait chier sous la pluie …


Comme le front d’observation est étendu j’en profite pour aller et venir doucement. Par moment les appareils crépitent prés du coté de Kurira les jumeaux doivent avoir été aperçu mais une fois encore je préfère la tranquillité.

133 :


134 :


Quand le premier pisteur ramène les gens vers nous le second m’entraine vers Kurira et là nous guettons. La pluie s’est arrêtée et d’un coup je vois une petite tête apparaitre puis disparaitre et en alternance l’autre qui fait de même. Ils sont juste adorables et bien actif.

135 :


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137 :


 J’apprendrais aprés que 5 jours plus tôt l’un des deux avait été déclaré gravement blessé et peu être mort suite a une interaction. Mais à les voir tous les deux là on ne s’en douterait pas un instant. J’appel florence et nous avons le temps de tranquillement observer un peu et faire quelques images avant que les autres ne rappliquent. Trop tard ils se sont cachés ou plutôt maman les a replanqué n’appréciant que moyennent ce trop plein d’attention.